Non aux groupements hospitaliers de territoire !

Délégation ARS Dijon 10 mai 2017Depuis mai 2016, les personnels du centre hospitalier spécialisé de l’Yonne (CHSY) sont mobilisés avec leurs  syndicats FO et CGT contre la volonté de l’agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté de les intégrer dans un groupement hospitalier de territoire, soit avec l’hôpital général d’Auxerre, soit avec l’hôpital général de Sens. Ils ne veulent pas de cette intégration qui nie les spécificités des soins en psychiatrie, signifie des réductions de personnel, la mort de la psychiatrie et le retour de l’asile. Leur détermination avait imposé une dérogation jusqu’en juillet 2017, mais, brusquement, en mars, l’ARS revient à la charge pour qu’ils choisissent entre Auxerre et Sens pour le 1er mai (avant le départ de Mme Touraine ?).

La mobilisation reprend et, le 31 mars 2017, le conseil de surveillance unanime, la commission médicale d’établissement, le comité technique d’établissement s’opposent fermement à l’obligation d’adhérer à un GHT.

L’ARS reste sourde. Alors, le 10 mai, les personnels, avec leurs syndicats FO et CGT, affrètent un car pour se rendre à Dijon et réaffirmer devant l’ARS : « Non au GHT, non au demantèlement du CHSY, oui à notre autonomie. »

Une délégation est reçue par un représentant de l’ARS, chargé de la mise en place des GHT, et deux DRH chargées de convaincre la délégation de tous les avantages qu’il y a à être dans un GHT.

Après avoir rendu compte, la délégation réaffirme : « On ne lâchera rien, il est hors de question d’intégrer un GHT. »

Après la manifestation, le directeur de l’ARS a martelé : « L’avenir du CHS de l’Yonne est au sein d’un GHT, conformément à la loi. »

Une assemblée générale est convoquée le 18 mai pour décider de la suite. D’ores et déjà, les personnels avec leurs syndicats ont décidé de se rendre une nouvelle fois à l’ARS, à Dijon, le 22 mai.

Correspondant

Propos recueillis dans le car ou devant l’ARS :

Une infirmière en ambulatoire : « Le GHT, c’est NON et NON. Nos conditions de travail se sont déjà considérablement dégradées. Avec la mise en place du GHT, les soins ambulatoires vont disparaître en premier, car ces soins demandent du personnel et ne sont donc pas rentables. »

Un cadre infirmier : « En janvier, le budget de l’établissement était en équilibre. Tout allait bien. Qui peut comprendre que deux mois plus tard, il faille à tout prix détruire ce qui fonctionnait bien et fonctionne toujours ? Leur seul objectif, c’est de faire des économies à court terme. »

Une cadre de santé : « On assiste à une véritable désintégration de la psychiatrie. Nous devons accompagner des patients qui ont besoin de nous au quotidien. Notre plateau technique ce sont donc les équipes de personnels formés et en nombre suffisant. La mise en place du GHT se fera au détriment des personnels et donc des patients. »

Un militant, agent du centre hospitalier d’Auxerre (CHA) : « Le CHSY a un budget en équilibre, le CHA a un déficit de 3 milliards. Ils comptent sur la fusion des deux pour combler ce déficit. Ils ont déjà fait des économies en supprimant du personnel avec la fusion des cantines. »

Pour aller plus loin : Groupement hospitaliers de territoire, alerte !