Mouvement pour la rupture avec l’UE et la Ve République (Côte d’Or)

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Nous, travailleurs, jeunes, militants (politiques ou syndicaux), élus, partie prenante des mobilisations en cours pour le retrait de la réforme El Khomri et contre toutes les atteintes à la démocratie, estimons que ces mobilisations posent une question majeure : celle de l’issue politique qui permettra d’en finir avec les politiques antisociales qui frappent le pays. Dans le respect de nos engagements respectifs, nous nous rejoignons sur ce qui suit:

  1. Le mouvement engagé contre la destruction du Code du travail confirme – à l’encontre des discours officiels – que la lutte de classe est à l’ordre du jour. Nous considérons pour notre part qu’elle est le moteur de l’histoire. Elle est aussi le moteur de toute la situation politique actuelle, car elle est le moyen par lequel une issue politique conforme aux exigences de la démocratie peut et doit s’imposer.
  2. Pour les soussignés, au-­‐delà des formes immédiates qu’il revêt, le mouvement en cours pose une nécessité: la rupture avec la dictature du capital financier, c’est-­‐à-­‐dire du régime capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production.
  3. La rupture avec le système capitaliste suppose, pratiquement, de rompre avec les institutions qui permettent sa domination : les institutions de l’Union européenne et celles de la Ve République. Les unes et les autres ont été forgées dans le seul but d’imposer les exigences du capital financier et des multinationales. Depuis leur création, elles n’ont cessé d’agir en ce sens. Elles sont à l’origine des mesures de déréglementation, de privatisation, de destruction des conquêtes collectives de la classe ouvrière, mesures mises en oeuvre, depuis trente ans, par les gouvernements successifs qui, de droite ou de gauche, se soumettent à ces institutions. Mesures qui frappent toutes les conquêtes de la civilisation humaine : non seulement le Code du travail mais l’ensemble des lois sociales, la Sécurité sociale, les régimes de retraite par répartition, les hôpitaux publics, les services publics, l’école républicaine, etc., mesures qui frappent d’année en année, aboutissent à grossir toujours plus les rangs des chômeurs, des travailleurs précaires, des salariés condamnés aux CDD et au temps partiel imposé, et des petits paysans ruinés.
  4. Le peuple, les travailleurs des villes et des cam-­‐ pagnes, les travailleurs indépendants et les salariés, la jeunesse, les retraités et les chômeurs, s’enfoncent chaque jour davantage dans une situation dramatique. En toute logique et en démocratie, cette situation devrait appeler de tout gouvernement respectueux des intérêts du peuple, des mesures d’urgence connues de tous : l’abrogation des contre-­‐réformes imposées ces dernières années (El Khomri, Peillon, Touraine, Macron, loi NOTRe, etc.) ; l’annulation du pacte de responsabilité et de ses 41 milliards offerts aux patrons et ses 50 milliards de coupes dans les dépenses publiques ; la restitution aux communes et départements de leurs prérogatives par l’abrogation des réformes territoriales ; l’interdiction des licenciements.

Toutes ces mesures, et bien d’autres, que la situation appelle, ne peuvent être prises que par un gouvernement qui refuse de se soumettre aux institutions de l’Union européenne et de la Ve République. Tous nous sommes conscients que la formidable lutte de classe engagée depuis mars contre la réforme El Khomri se heurte précisément à des obstacles reliés à cette subordination aux institutions de l’Union européenne et de la Ve République.

Voilà pourquoi, nous, soussignés – quels que soient nos engagements respectifs – sommes convaincus que l’aspiration à une véritable rupture qui s’est exprimée majoritairement dans la lutte de classe depuis deux mois doit trouver une réponse positive. Cette réponse positive exige que la souveraineté soit rendue au peuple, brisant le cadre institutionnel d’oppression et d’exploitation.

Afin de commencer à rassembler la force politique qui dans le respect des engagements de chacun agira dans cette direction, nous proposons d’appeler à la tenue d’une conférence nationale de travailleurs et de jeunes:

  • pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République;
  • pour l’Assemblée constituante qui, s’engageant sur la voie de la rupture, rendra au peuple le pouvoir de décider;
  • pour la satisfaction des revendications des travailleurs et de la jeunesse;
  • pour la reconquête de la démocratie politique à tous les niveaux, de la commune au sommet de l’État ;
  • pour la défense de toutes les libertés publiques.

Contacts : Samuel GARNIER, samuel.garnier@wanadoo.fr ; Laurent GUTIERREZ, gutierrez.laurent@yahoo.fr ; Jacques GAILLARD, jacques­‐gaillard@wanadoo.fr ; Dominique GROS, aseroe@wanadoo.fr.