DÉFENDRE LES DIPLÔMES ET LES QUALIFICATIONS

Les dirigeants de l’Union des Industries Métallurgiques et Minières (UIMM), importante organisation patronale, viennent d’engager les premières discussions avec les représentants syndicaux pour bouleverser les conventions collectives en application de la Loi El Khomri.

Parmi les propositions patronales, l’une intéresse directement la reconnaissance de la qualification des salariés. En cela elle concerne l’école, ses personnels, les élèves et leurs parents.

En effet, à la classification selon le niveau de diplôme (CAP/BEP, Bac, BTS/DUT etc…) se substituerait une grille avec trois critères :

Responsabilité, relationnel, technicité

Divisés en sous catégories : autonomie, contribution, appui-management,  communication, résolution des problèmes, et enfin connaissances. Chacune de ces sous catégories serait elle-même divisée en 10 items. Donc une grille à 60 compétences.

Pour les patrons l’avantage de cette grille est d’individualiser le « parcours professionnel » qui peut donc être remis en cause à chaque évolution de la carrière du salarié. Rien n’est jamais acquis et surtout pas le salaire !

Visant à détruire le contrat de travail et ses garanties collectives, la loi El Khomri a mis au centre de son dispositif la notion de « compétences » individuelles en lieu et place de la qualific        ation assurée par des diplômes nationaux fondés sur des connaissances théoriques et pratiques précises et objectives.

Les salariés voudront défendre les conventions collectives existantes pour défendre les qualifications et les salaires.

C’est pourquoi aussi, pour les y aider, défendre les diplômes de l’Education Nationale est vital.

En effet dans la grille de compétences citée ci-dessus le enseignants reconnaitront le livret de compétences de l’école élémentaire et du collège , les grilles d’évaluation aux examens  (CAP, BAC, BTS …). Ce « socle de compétences » se substitue peu à peu aux programmes nationaux sur lesquels était construite la scolarité. Comme dans la grille patronale le savoir théorique et pratique est marginalisé au profit de notions floues.

Cette évolution dans l’Education Nationale est directement le fruit de la Loi Peillon.

Mais tous s’abreuvent à la même source : « l’économie de la connaissance » chère à l’Union Européenne  telle qu’elle est élaborée dans les processus de Bologne puis de Lisbonne (voir les crédits ECTS)  ou  encore  les recommandations de l’OCDE et l’enquête PISA (programme international du suivi de l’acquis des élèves).

Cette dernière se donne comme objectif de déterminer « les savoirs et savoirs faire dont les élèves ont besoin » Les experts précisent d’ailleurs : «  cette approche reflète le fait que les économies modernes valorisent davantage la capacité des  individus à utiliser leur connaissances que les connaissances en tant que telles. » Vieille phrase creuse obscurantiste  qui sert depuis des siècles  opposer connaissance et pratique.

La casse des diplômes passe également par la régionalisation de la formation, autre dispositif de la  loi Peillon, et dans ce cadre, par  la valorisation de l’apprentissage. Ainsi toutes les ouvertures de BTS pour la rentrée 2017 se font à « public mixte » c’est-à-dire formation initiale et apprentissage (dont l’âge vient d’’être prolongé à 30 ans)

Loi El Khomri et Loi Peillon sont deux dispositifs contre la qualification reconnue dans des diplômes nationaux. Elles ébranlent les bases de la formation et promeuvent une individualisation des droits. Chacun à partir de 16 ans sera muni de son Compte Personnel d’Activité, forcément particulier,  et incapable de prétendre à des garanties collectives.

Parmi les premières mesures qu’aurait à prendre un gouvernement ouvrier, ce serait de procéder à l’abrogation de ces deux lois.

Pour aller plus loin : Les étudiants constituent le Comité de liaison des étudiants pour la rupture, le CLER